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#5 CHARLOTTE

Dernière mise à jour : 23 mai 2023

Découvrez le récit de Charlotte (une autre ;) ) qui raconte sa seconde grossesse et la naissance de son deuxième fils.

Naissance bébé postpartum

Quand j’ai appris ma grossesse, nous étions en plein déménagement, et nous montions la cuisine. Je n’avais pas mes règles depuis quelques jours, je commençais à me poser des questions...Cela faisait des mois que j’espérais tomber enceinte. Mon mari qui est de nature sensible me disait que je ne l’étais pas et puis, quelques jours avant que je fasse le test il m’a dit « Tu es enceinte je le sais ».


Ma grossesse était comme la première, compliquée (mon premier fils d’une première union a 7 ans aujourd’hui). Il faut dire que j’ai un utérus hyper contractile. Je ne suis pas très épaisse et du coup j’ai des contractions très tôt ; j’ai été alitée très tôt, arrêtée très tôt. Dès le troisième mois je ressentais des contractions tout le temps, de grosses douleurs au dos qui m’empêchaient même ne serait-ce que de changer de position quand je dormais. Chaque geste était une vraie douleur et il me tardait d’accoucher, encore une fois. Le bon côté des choses est que tout le monde était aux petits soins.


Au cours du sixième mois de grossesse, nous avons eu une grosse frayeur, contractions de 7h du matin à 20 heures, départ inquiétant à la clinique, mon col était déjà ouvert à 1. Résultat : piqûres, alitement complet, traitement, sage femme à domicile 3 fois par semaine... L'inquiétude naît bien sûr, mais on garde confiance.

Pour cette grossesse je voulais un accouchement physiologique depuis le départ. Je savais que ce serait sûrement mon dernier enfant. Je voulais vivre mon accouchement, donner la vie, donner naissance et non pas qu’on sorte mon bébé de mon ventre.

Ce qui a également motivé mon accouchement physiologique est qu’il y a 17 ans, j’ai subi une agression sexuelle. Dans mon esprit, accoucher sans péridurale me procurerait une douleur qui mettrait un terme à ce qui s’est passé. J’allais traumatiser à nouveau mon bassin mais consciemment et en donnant la vie. J’étais okay, je le décidais! Je me donnais et me permettais une guérison totale tant psychologique que physique.


jeune mère postpartum

Je me suis préparée en lisant beaucoup de livres sur les accouchements physiologiques et en regardant des émissions.

Je me suis mise de nouveau à la méditation et me suis préparée également auprès de sage-femmes spécialisées dans ce type d’accouchement.


La naissance de Léo a été un jour magique pour nous, hors du temps. Cela a commencé le matin du 9 août, le jour de la Saint Amour. Je me souviens que j’avais demandé à l’univers que le jour J je puisse perdre les eaux pour être sûre que le travail démarrait. C’est effectivement ce qui s’est passé... gratitude !

La poche s’est fissurée..et j’ai su que la rencontre approchait. Alors j’ai laissé faire les choses tranquillement, je me suis préparée, assise sur mon ballon je patientais. J’ai marché, pris mon petit déjeuner, une douche puis au bout de deux heures de préparation seule avec mon bébé, j’ai réveillé mon mari. Je me souviens que je n’arrêtais pas de sourire. J’étais étonnamment calme et sereine, moi qui suis une boule de nerfs d’habitude!

« Mon amour, ça y est, c’est aujourd’hui... » Pas un mot de plus... il savait que cette fois serait la bonne car je ne l’avais jamais réveillé aussi calmement.

Il a pris son café, sa douche, et nous sommes partis. Dans la voiture on appelle ma mère, on chante, on rit.... on fête déjà cette journée merveilleuse. Et moi, je me prépare mentalement, je parle à mon bébé intérieurement.


Nous sommes arrivés à la clinique à 7h07, je suis déjà dilatée à 4, wow quelle fierté! La sage femme savait que je voulais accoucher de manière physiologique, elle m’a donc laissée tranquille en m’expliquant qu’elle ne viendrait pas toutes les heures me voir, comme ils font d’habitude mais simplement quand je lui demanderai, merci!


Nous y sommes, notre bulle, celle tant attendue.

Les choses s’accélèrent très vite, mes contractions sont fortes et longues. Je me retrouve vite sous la douche mais cela ne suffit pas à calmer le feu qui me prend. Je suis à quatre pattes, nue, à héler comme un animal. Je le savais, j’étais préparé... bon en moins pire que ce qu’on nous explique, ouf, c’était ma plus grande peur (avec la douleur) de devenir hors de contrôle, mais non!

Je vivais un vrai déchirement au sens littéral du terme : j’avais l’impression qu’on me coupait en deux, je n’en pouvais plus. J’ai demandé de l’aide : « je craque, sortez moi de là, je veux cette péridurale! ». Je demande à mon mari d’appeler la sage-femme, elle arrive (avec une étudiante en médecine). Le verdict tombe, je suis à 6 mais dans ma tête je ne pouvais pas tenir jusqu’à 10, plus la descente de la tête du bébé, plus l’accouchement je ne pouvais pas tenir jusque-là. Si l’on m'avait dit, "madame encore 1h et il est là", les choses auraient été différentes mais là je n’en avais aucune idée et la perspective de cette douleur me rendait malade. La sage-femme, Marianne, m’accompagne dans ma contraction, je tremble, j’ai peur, j’ai mal, j’ai l’impression qu’on m’ouvre le ventre. Elle me rassure, me dit que ce n’est pas grave si je prends la péridurale, que j’ai été forte ! Pour moi, j’avais fait mon maximum, j’étais arrivée au bout de ce que je pouvais.

Rien n’était grave, je n’avais pas signé pour souffrir non plus. Je l’avais dit à mon mari, si je n’en peux plus, personne n’insiste ! La sage femme est sortie pour aller chercher l’anesthésiste. C’est à ce moment là, en position latérale, drap sur moi que je dis à mon mari « il est là ! il est là ! il est là !». L’étudiante en médecine qui était restée, me dit que non, que « c’est le bébé qui fait sa place dans le bassin etc. » « On le sait quand quelque chose sort, surtout quand nous n’avons pas de produits qui nous empêchent de sentir la moindre petite chose, je vous dis qu’il est là! »


Marianne arrive 5 min après, soulève le drap, mon mari en face, et dit « on n’a plus le temps il est là », mon mari m’a avoué avoir vu ses cheveux avant de faire le tour du lit.

9h39, Léo est arrivé en même pas deux heures et je pense que réellement c’était une vraie communion et une vraie communication entre Léo et moi. Au moment où il a compris que j’allais flancher et que je n’irai pas au bout de mon envie et de ma guérison, il a pris le relais et m’a aidé. C’est lui qui est venu. Je suis passé de 6 à mon fils sur moi en l’espace de même pas cinq minutes. Je l’ai attrapé et posé sur mon ventre, je l’ai embrassé sur le front. Nous nous sommes regardés, en se disant « on l'a fait! ». Ce sentiment de fierté qu’on a eu tous les deux dans ce regard a figé le temps..il me disait à son tour, « maman je suis là, tu m’as porté pendant neuf mois maintenant c’est à moi de t’aider, cette guérison tu l’auras ».


Ce que je dirai aux futures mamans qui souhaitent un accouchement physiologique, c’est de croire en elle et en la puissance de l’amour, de croire en elle et en leur bébé. Cet accouchement finalement elles ne le font pas seules, c’est une équipe. Croire en soi, croire en ses forces, en ses capacités à donner la vie, en ses capacités à aimer son bébé dès le début, aux capacités de leur bébé, peu importe la douleur, peu importe les préjugés, peu importe ce qu’on nous dira, croire en soi est le plus important!


Et l’après?


Dès la première minute j’étais prête à courir un marathon. Contrairement à mon premier accouchement sous péridurale j’étais en super forme, j’étais prête à partir et à rentrer chez moi au bout d’une heure.

Les premiers jours ont été fantastiques, aucune sensation de malaise, aucune douleur. Ils ont été vécus de manière très douce, aucun corps étranger n’a mis en péril ma tranquillité ni celle de Léo d’ailleurs. Mon bébé prenait le sein normalement, dès le début. Il était serein, il ne pleurait jamais. Léo, un bébé qui est venu en douceur, comme nous l’avions décidé, de la manière la plus naturelle qui soit.


allaitement jeune mère postpartum

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Cocoonez-vous.

Charlotte pour Maison Zoé Doula



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